un rapport américain pointe la responsabilité de l’homme


Alors que la nouvelle conférence sur les changements climatiques s’ouvre ce lundi en Allemagne, le gouvernement américain a autorisé la publication d’un rapport qui conforte la thèse d’un réchauffement climatique causé par l’homme. Des conclusions qui isolent les climatosceptiques de la Maison-Blanche.

Sur le dossier du réchauffement climatique, le président américain Donald Trump est de plus en plus isolé, jusqu’au sein même de son administration, alors que s’ouvre lundi à Bonn en Allemagne la 23e Conférences des parties, ou COP23, régie par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

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Le gouvernement américain a en effet approuvé vendredi la publication d’un important rapport scientifique qui conclut sans l’ombre d’un doute sur la nature du changement climatique. Ce dernier, bien réel, résulterait très certainement des activités humaines et affecterait déjà la vie des Américains.

Ces conclusions contredisent les déclarations de nombreux membres de l’Administration Trump, y compris celles du président, ambigu sur le sujet. Le «Fourth National Climate Assessment» (quatrième évaluation nationale du climat), mandaté par le Congrès, est publié tous les quatre ans mais ne fait pas de recommandations. Il a été approuvé par l’Académie américaine des sciences et a reçu le feu vert de la Maison-Blanche pour être rendu public.

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Durant sa campagne électorale Donald Trump avait qualifié le changement climatique de «canular chinois» visant à pénaliser l’économie américaine avant d’annoncer en juin le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. «Le climat des États-Unis est fortement imbriqué dans le changement du climat terrestre», écrivent pourtant les auteurs du document final concluant que «la période actuelle est la plus chaude de l’histoire de la civilisation moderne». La température annuelle moyenne de l’air à la surface du globe a augmenté d’un degré Celsius au cours des 115 dernières années (1901-2016).

Une usine de charbon dans l’Utah. En matière énergétique, Donald Trump a promis d’aider ce secteur, que Barack Obama souhaitait limiter. GEORGE FREY/AFP

Certitude du rôle de l’homme

Les dernières années ont vu un nombre record de phénomènes météorologiques extrêmes liés au climat -sécheresse, ouragans, fortes précipitations, etc. – tandis que les trois dernières années ont été les plus chaudes sur la planète dans les annales qui remontent à 1880, pointe le rapport. Selon les auteurs «ces tendances devraient persister durablement». Aux États-Unis, les changements les plus importants ont été constatés dans le nord est avec des canicules plus fréquentes depuis les années 1960 alors que des vagues de froids sont plus rares. La température annuelle moyenne sur la partie continentale des États-Unis a progressé d’un degré entre 1901 et 2016. Pour la période 2021-2050, la hausse devrait atteindre 1,4 degré de plus.

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Cette évaluation de l’état du climat conclut également que sur «la base de très nombreux indices, il est extrêmement probable que les activités humaines, surtout les émissions de gaz à effet de serre, sont la principale cause du réchauffement observé depuis le milieu du 20e siècle». Ces conclusions contredisent les affirmations de Donald Trump et de membres de son Administration, dont notamment Scott Pruitt, le directeur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), un climato-sceptique proche du secteur des énergies fossiles. Selon ce dernier, la contribution humaine au changement du climat est «incertaine» et la capacité de prévoir ses effets est de ce fait limitée. Des milliers d’études scientifiques ont pourtant mesuré la montée des températures à la surface du sol, des océans et dans l’atmosphère et constaté la fonte accélérée des glaciers, la diminution de la couverture neigeuse, la réduction de la banquise, la montée du niveau des océans et l’acidification de leurs eaux.

Les îles Fidji après le cyclone Winston en 2016. Le premier ministre de cet archipel, qui va présider la COP23, estime que «le réchauffement climatique a déjà des effets désastreux».
Les îles Fidji après le cyclone Winston en 2016. Le premier ministre de cet archipel, qui va présider la COP23, estime que «le réchauffement climatique a déjà des effets désastreux». STEVEN SAPHORE/AFP

Les États-Unis isolés avant l’ouverture de la COP23

Le «Climate Science Special Report» qui fait partie de l’évaluation nationale du climat (National Climate Assessment) «est un examen de la science du changement climatique qui fait autorité et se concentre sur les États-Unis», a souligné David Fahey, directeur de la division des sciences chimiques à la NOAA, un des principaux coordinateurs du rapport. Il s’est également dit «très confiant» en réponse à une question, «sur le fait qu’il n’y a eu aucune interférence politique dans le message scientifique du rapport» précisant avoir eu avec ses collègues «un grand nombre d’échanges avec l’administration actuelle et les treize agences fédérales».

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Ce rapport américain tombe à pic pour les partisans de l’accord de Paris alors que la COP23 s’ouvre ce lundi pour préparer la mise en œuvre des engagements pris il y a deux ans par les États signataires, qui se sont donnés pour objectif de limiter à 2°C l’augmentation des températures. Si Donald Trump a remis en cause le 1er juin dernier l’accord signé en 2015 par son prédécesseur Barack Obama, il ne peut pas légalement s’en retirer avant novembre 2020. Le président américain peut en revanche freiner des quatre fers dans les négociations qui auront lieu lors de cette nouvelle conférence, qui s’annonce très technique. Washington pourrait notamment s’opposer, comme par le passé, au principe du pollueur-payeur et au projet d’une taxe sur les hydrocarbures. En matière écologique, les États-Unis seront néanmoins très isolés.

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