Injuste, romantique, renversante… retour sur les demi-finales des clubs français en C1 – Ligue des champions



Avant la double confrontation entre l’AS Monaco et la Juventus Turin, retour sur les précédentes demi-finales des clubs français en Coupe d’Europe des clubs champions et Ligue des champions.

La plus déséquilibrée : AC Milan – Monaco (1994)

Remplaçant Marseille, exclu de la C1 après l’affaire OM-VA, Monaco parvient jusqu’en demi-finales après avoir terminé deuxième de son groupe derrière Barcelone. Mais la marche est beaucoup trop haute. Même réduit à 10 pendant plus de 45 minutes (Costacurta, 40e), le Milan AC de Marcel Desailly croque le club de la Principauté (3-0) lors de cette demi-finale qui se dispute sur un seul match. Trois semaines plus tard, même le grand Barça de Johan Cruyff sera piétiné sans ménagement en finale par le rouleau compresseur milanais (4-0).

La plus tranquille : Spartak Moscou – Marseille (1991)

Après avoir sorti le double champion d’Europe en titre l’AC Milan dans la confusion et la polémique en quarts de finale – les Milanais, menés 1-0 au retour, avaient refusé de reprendre le match après une panne d’éclairage – l’OM affronte la surprenante équipe du Spartak Moscou, tombeuse du Real Madrid, pour une place en finale. Une simple formalité. A Moscou, l’OM tue tout suspense avec des réalisations de Pelé, Papin et Vercruysse (1-3) avant de dérouler au retour (2-0 à la pause grâce à Pelé et Boli, 2-1 au final suite à la réduction du score de Mostovoi sur penalty). Mais à Bari, Marseille tombera sur un os nommé Etoile Rouge de Belgrade…

La plus improbable : Young Boys Berne – Reims (1959)

Trois ans après sa première demi-finale de C1, Reims est de retour dans le dernier carré. Cette fois-ci face aux Young Boys Berne. Battus 1-0 en Suisse, les Rémois renversent aisément la situation au retour (3-0). Si Reims s’inclinera une nouvelle fois en finale face au Real Madrid (0-2), les Young Boys Berne, eux, n’iront jamais plus loin que le premier tour de la compétition après cette belle épopée.

La plus frustrante : Juventus – Bordeaux (1985)

Si proche d’une «remontada»… Surclassé au Stadio Comunale de Turin par la Juventus de Michel Platini, trop libre de ses mouvements (3-0), Bordeaux est à deux doigts de réussir l’impensable au retour dans un Parc Lescure archi-comble (40.211 spectateurs, record d’affluence). Dieter Müller (25e) et Battiston (80e) relancent en effet totalement le suspense. La fin de match est alors épique avec notamment une parade décisive de Bodini sur une reprise de Tigana. Les Girondins d’Aimé Jacquet s’arrêtent là. Avec d’énormes regrets.

La plus renversante : Monaco – Chelsea (2004)

De cette formidable épopée conclue de manière douloureuse face au FC Porto (3-0), on oublie souvent que Monaco s’est fait une grosse frayeur en demi-finale contre Chelsea. Après avoir pris une sérieuse option sur la qualification à Louis II (3-1) malgré l’expulsion de Zikos (53e), les hommes de Didier Deschamps sont sérieusement bousculés à Stamford Bridge. A tel point que les Blues remontent rapidement leur handicap grâce à Gronkjaer (22e) et Lampard (44e). Heureusement, Ibarra surgit juste avant la pause pour réduire le score sur un but assez douteux (45e+2). Le bel élan de Chelsea était brisé. Morientes n’avait plus qu’à le fracasser pour de bon (60e).

La plus ancienne : Reims – Hibernian (1956)

Première édition de la Coupe d’Europe des clubs champions et première demi-finale pour un club français, en l’occurrence le Stade de Reims. Après avoir éliminé les Danois d’Arhus en 8es de finale et les Hongrois de Vörös Lobogo (aujourd’hui MTK Budapest) en quarts, les coéquipiers de Raymond Kopa se payent le scalp des Ecossais d’Hibernian (2-0, 1-0). Avant de tomber en finale face au Real Madrid d’Alfredo Di Stefano (3-4).

La plus logique : Juventus – Monaco (1998)

A quelques semaines du début de la Coupe du monde en France, Didier Deschamps et Zinédine Zidane jouent un bien vilain tour à l’AS Monaco. Dès le match aller, la messe est dite. Les vainqueurs de la Ligue des champions 1996, finalistes de l’édition 1997 écrasent le club de la Principauté avec notamment un triplé d’Alessandro Del Piero (4-1). La victoire à Louis II deux semaines plus tard avec des buts de Léonard (38e), Henry (50e) et Spehar (3e) est presque anecdotique.

La plus humiliante : Bayern Munich – Lyon (2010)

Impuissant à l’aller. Balayé au retour. Sorti vainqueur du duel 100% français face aux Girondins de Bordeaux en quarts, Lyon n’aura jamais été à la hauteur pour sa première demi-finale de la Ligue des champions face au Bayern Munich. L’espoir était pourtant là après une courte défaite à l’Allianz Arena (1-0) marquée par deux cartons rouges (Ribéry,  37e ; Toulalan, 54e). Il a très vite volé en éclats à Gerland. La faute à Ivica Olic, auteur d’un triplé aussi mémorable qu’inattendu (26e, 67e, 78e). Depuis, l’OL n’a plus dépassé le stade des 8es de finale de la C1…

La plus injuste : Marseille – Benfica (1990)

On joue la 83e minute d’une demi-finale retour irrespirable. Vainqueur 2-1 au Vélodrome, l’OM tient le choc devant plus de 100.000 spectateurs au Stade de la Luz. Jusqu’à ce corner botté par Valdo, repris de l’avant-bras par Vata, plus prompt qu’Eric Di Méco. Les Marseillais protestent, s’insurgent. Rien n’y fait. L’arbitre belge Marcel Van Langenhove accorde ce but sans broncher. Marseille est éliminé. Et le président de l’OM Bernard Tapie de vitupérer : «Maintenant, je sais comment on gagne une Coupe d’Europe !»

La plus romantique : Saint-Étienne – Bayern Munich (1975)

Un nain qui va devenir grand. Alors que le football français est en plein néant sur la scène européenne, les Verts entrent dans le cœur des Français à la faveur d’un exploit face àl’Hadjuk Split (4-1, 1-5) en 8es de finale et d’une première qualification pour le dernier carré de la compétition. Face aux champions du monde allemands Sepp Maier, Gerd Müller et Franz Beckenbauer du Bayern Munich, l’ASSE s’incline avec les honneurs (0-0, 0-2). Un premier acte fondateur. La passion verte est en marche.

La plus amère : Juventus – Nantes (1996)

Six cartons jaunes à zéro, un rouge sévère pour Bruno Carotti juste avant la mi-temps et au final une défaite 2-0 dans la besace au match aller. Nantes garde un souvenir désagréable de sa seule et unique demi-finale de Ligue des champions. «On a été un peu volé», dixit Serge Le Dizet. «Il nous a fait payer la vache folle !», selon Jean-Claude Suaudeau au sujet de l’arbitre anglais. «On a eu droit à un arbitrage à la maison, c’est clair», avancera Carotti. Les Canaris s’offriront tout de même une victoire de prestige à la Beaujoire au retour (3-2). Insuffisant pour se hisser en finale.

La plus héroïque : Saint-Étienne – PSV Eindhoven (1976)

Deux semaines après avoir assuré le service minimum à Geoffroy-Guichard face au PSV (1-0), les Verts se déplacent à Eindhoven avec une légère angoisse. Celle de buter encore aux portes de la finale. Mais Saint-Etienne courbe l’échine sans jamais rompre. Avec Ivan Curkovic en héros du peuple vert. Le portier stéphanois parvient à garder sa cage inviolée face aux assauts incessants des Néerlandais (0-0). L’ASSE est en finale. Malheureusement, le Bayern Munich (encore !) et les maudits poteaux carrés de Glasgow briseront son rêve.

La plus douloureuse : PSG – AC Milan (1995)

Jamais deux sans trois. 1993. 1994. 1995. Pour la troisième année consécutive, le PSG se heurte au mur des demies en Coupe d’Europe. Avec à chaque fois la même rengaine : un exploit en quarts (deux fois le Real Madrid, le Barça cette année-là 1-1, 2-1) et une désillusion derrière. Dominateur au Parc des Princes mais inefficace, Paris est puni par Zvonimir Boban en contre dans le temps additionnel (0-1). Au match retour, les hommes de Luis Fernandez n’y croient déjà plus. Dejan Savicevic se charge alors d’assommer les Parisiens avec un doublé (2-0).

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