Groenland, Grèce, Portugal… les incendies se multiplient dans le monde


Depuis plusieurs semaines, de nombreux incendies font rage dans plusieurs pays à travers le monde. En cause, des températures exceptionnellement élevées, la sécheresse, mais également des comportements malveillants. Le Figaro fait le point sur la situation.

Du Canada à la Grèce, en passant par l’Italie ou le Groenland, de nombreux pays ont été durement touchés, depuis le début du mois d’août, par des feux de forêt dévastateurs. La plupart d’entre eux sont encore en cours, et ont mobilisé un nombre record de pompiers et de matériels venus parfois de pays voisins. Si la sécheresse est la cause principale de la prolifération des incendies, les comportements humains – délictueux ou non – en sont le plus souvent à l’origine.

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● Une partie du Groenland en proie aux flammes

Photo satellite des feux en cours au Groenland. Crédits photo :

Une partie du Groenland, où un record de chaleur a été enregistré en juillet, est en feu, une situation qui a conduit lundi la police à déconseiller d’y circuler dans deux zones du sud-ouest. Les zones concernées sont situées au-dessus du cercle polaire arctique et, selon les autorités, «les incendies ne devraient pas cesser dans les prochains jours». Les premiers foyers ont été signalés le 31 juillet sur ce territoire autonome du Danemark dont la végétation est en grande partie constituée de toundra.

Dans une des zones touchées, il est depuis lundi et jusqu’à nouvel ordre, interdit de fumer. «Beaucoup d’endroits sont très secs et la moindre étincelle ou une négligence liée au tabagisme peut allumer un incendie», a expliqué la municipalité de Qaasuitsup dans un communiqué. Selon l’institut météorologique danois, BMI, le mois de juillet a été «extrême» et un nouveau record de chaleur a été enregistré. Un climatologue de l’institut, John Cappelen, relevait le 10 août sur Twitter une température de 24,8 degrés Celsius à l’aéroport de Nuuk, la capitale du Groenland. L’Arctique est particulièrement fragile et menacé par le réchauffement climatique.

● En Grèce, les incendies imputés à des actes criminels

Un pompier face aux flammes, en Grèce.

Un pompier face aux flammes, en Grèce. Crédits photo :

Les pompiers grecs tentaient mardi pour la troisième journée consécutive de maîtriser trois grands fronts de feu dans le pays, de forts vents compliquant leur tâche, ont indiqué leurs services. Dans l’immédiat, aucune zone habitée n’était menacée par ces feux, brûlant sur la côte balnéaire à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Athènes, près d’Amaliada dans l’ouest du Péloponnèse, et sur l’île de Zante, en mer Ionienne, a précisé à l’AFP un porte-parole des pompiers. La lutte est toutefois rude pour les forces déployées au vu de la multiplication des foyers depuis la fin de la semaine dernière et la puissance des vents, soufflant de 40 à 50 km/h sur les zones touchées, a-t-il précisé.

Sur le feu dans la région d’Athènes, qui avait démarré dimanche près de la localité de Kalamos, l’armée a été appelée en renfort, avec cent soldats déployés dans la matinée pour assister les 240 pompiers et les volontaires mobilisés. Trois avions et quatre hélicoptères opéraient aussi contre les flammes, dont la fumée obscurcissait dans la matinée le ciel de la capitale, où l’odeur de brûlé était perceptible. De nombreux habitants de la zone ont quitté les lieux en raison de l’atmosphère étouffante. Au moins cinq habitations avaient été détruites lundi dans cet incendie, selon les autorités locales.

La lutte des pompiers était aussi acharnée sur l’île touristique de Zante, où parmi de multiples foyers, deux grands fronts continuaient de progresser au sud-ouest et au nord-est. En visite sur l’île, le ministre de la Justice Stavros Kontonis a imputé les incendies à des actes criminels, une thèse reprise par les autorités locales après le départ d’une vingtaine de feux pour le seul week-end. «C’est du jamais vu. Nous avons observé 22 feux à Zante en seulement 24 heures», a de son côté affirmé Vassilis Matteopoulos, directeur régional des pompiers sur la chaîne de télévision ERT.

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Entre dimanche et lundi, 91 départs de feu ont été recensés sur tout le pays, après une période relativement clémente en matière d’incendies estivaux, plaies traditionnelles en Grèce en raison des températures élevées et des vents forts. Athènes a demandé, mardi, l’aide de l’Union européenne et attend déjà des renforts venus de Chypre.

● 220 départs d’incendie en une seule journée au Portugal

Des pompiers dans les Abrantes, au Portugal.

Des pompiers dans les Abrantes, au Portugal. Crédits photo :

Les pompiers portugais, mobilisés par centaines depuis plusieurs jours, tentaient toujours lundi de maîtriser plusieurs feux de forêt dans le centre du pays. Ils ont vu des renforts arrivés d’Espagne dans le cadre d’un mécanisme d’entraide européenne. Au total, Madrid a fourni 120 pompiers, 27 véhicules et trois avions de lutte contre les incendies. Un Canadair a également été fourni par le Maroc.

Lundi à la mi-journée, l’Autorité nationale de protection civile (ANPC) recensait sur son site internet six feux actifs considérés comme «importants» sur l’ensemble du territoire, mobilisant près de 1300 pompiers, 400 véhicules et une trentaine d’avions ou hélicoptères.

Samedi, les pompiers portugais sont parvenus à maîtriser les deux incendies majeurs qui faisaient rage dans le centre du pays depuis mercredi, mais le risque de reprises et de nouveaux foyers restait élevé en raison des températures caniculaires. En raison de prévisions météo marquées par des températures approchant les 40 degrés, le niveau d’alerte orange, quatrième échelon de gravité sur cinq, devrait être prolongé jusqu’à nouvel ordre, a indiqué samedi la porte-parole de la protection civile, Patricia Gaspar. En conséquence des effets de la chaleur et de la sécheresse, mais aussi des comportements à risque des populations locales, «le Portugal a enregistré vendredi le plus grand nombre de feux de forêt en une seule journée» depuis le début de l’année, avec 220 départs d’incendie, a-t-elle souligné.

À la mi-juin, un gigantesque brasier avait fait 64 morts et plus de 200 blessés près de Pedrogao Grande, ravageant pendant cinq jours cette région du centre du Portugal avant d’être maîtrisé.

● Canada: la Colombie-Britannique brûle depuis quatre mois

Les flammes ont détruit plus de 600.000 hectares au Canada depuis avril dernier.

Les flammes ont détruit plus de 600.000 hectares au Canada depuis avril dernier. Crédits photo :

Depuis avril, plus de 600.000 hectares ont été calcinés par 942 feux de forêt en Colombie-Britannique, au Canada. Depuis la mi-juillet, près de 50.000 personnes ont été évacuées. 7.000 d’entre elles sont toujours soumises à des ordres d’évacuation. Les incendies font toujours rage dans cette région, et plus de 4.000 pompiers sont mobilisés, dont 600 provenant d’autres provinces canadiennes et 200 venus du Mexique.

«Il s’agit du plus important déploiement de pompiers mexicains à l’étranger de toute l’histoire du pays», ont indiqué les autorités mexicaines dans un communiqué. Ce déploiement a été rendu possible grâce à un protocole d’accord entre le Canada et le Mexique sur le partage de ressources de gestion des feux de forêt.

L’état d’urgence, en vigueur dans la province depuis début juillet, a été prolongé la semaine dernière.

● Plus de 2.000 hectares ravagés par les flammes en Corse

Les pompiers luttent contre les flammes en Corse.

Les pompiers luttent contre les flammes en Corse. Crédits photo :

Deux incendies en Haute-Corse, qui ont parcouru plus de 2.000 hectares de végétation dans le Cap Corse et en Balagne depuis la nuit de jeudi, sans faire de victime, étaient «fixés» lundi matin. Un feu est dit «fixé» quand sa progression est arrêtée à sa tête, dans l’axe du vent, mais pas sur ses flancs.

«Les feux ne sont pas éteints mais ils sont fixés, ils ne progressent plus, il n’y a plus de menace. Nous effectuons désormais du noyage, du traitement de lisières, on a une épée de Damoclès au-dessus de la tête car on attend du vent violent pour vendredi-samedi «, ont déclaré les pompiers de Haute-Corse. Dans le Cap Corse, 270 pompiers restaient mobilisés pour traiter les six à sept kilomètres de lisières de ce feu qui a parcouru 1.800 hectares de maquis depuis la nuit de jeudi à vendredi. Un deuxième incendie, moins important, qui a parcouru une centaine d’hectares à Manso, en Balagne, au sud de Calvi, mobilisait lundi 150 pompiers pour traiter de «nombreux points chauds» sur ce site très difficile d’accès.

En Haute-Corse, l’incendie qui a brûlé 2.200 hectares à Olmeta-di-Tuda depuis le 24 juillet et celui qui a parcouru 125 hectares à Calenzana depuis le 5 août n’étaient toujours pas éteints, ont par ailleurs précisé les pompiers. «Ces feux sont sous surveillance, nous les traitons encore».

Dans les Alpes-Maritimes, l’incendie qui s’est déclenché il y a 24 heures dans une zone montagneuse située à Lucéram, à 25 km au nord de Nice, n’était toujours pas fixé mardi après-midi, malgré d’importants moyens engagés, indiquent les pompiers du département. Au total, le feu, décrit comme virulent, a parcouru une superficie de 120 hectares. Situé dans une zone difficile d’accès et qui manque de ressources en eau, l’incendie nécessite d’engager d’importants moyens aériens. 200 pompiers sont mobilisés au sol.

En juillet, plusieurs incendies avaient ravagé plus de 4.000 hectares de broussaille dans le Sud-Est et la Corse. Il s’agissait des plus gros feux de forêt depuis 2003 en France.

● Des centaines de départs de feux quotidiens en Italie

Un camion de pompier près d'un incendie, en juillet 2017, en Italie.

Un camion de pompier près d’un incendie, en juillet 2017, en Italie. Crédits photo :

L’Italie est en proie à la sécheresse et à des centaines de départs de feux quotidiens depuis plusieurs semaines. Depuis le début du mois d’août, au moins trois personnes sont mortes dans ces incendies alors que les pompiers ont recensé une hausse de 76% de leurs interventions cet été par rapport aux années précédentes.

Entre le 15 juin et le 5 août, les pompiers italiens ont réalisé près de 60.000 interventions pour incendies de végétation, 26.000 de plus qu’à la même période en 2016, selon des statistiques diffusées lundi par leurs services. Parallèlement, quelque 2550 sorties aériennes ont été menées contre des incendies, contre 897 sur la même période en 2016. Le 7 août, les soldats du feu ont annoncé avoir effectué 1090 interventions dans la journée pour des feux de végétation, dont 300 en Sicile et 150 dans le Latium, la région de Rome.

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Le pays traverse en effet l’une des pires sécheresses de ces dernières décennies, avec un déficit de pluie de 33% au premier semestre 2017. Selon des experts, il manque à l’Italie quelque 20 milliards de mètres cubes d’eau, soit l’équivalent du lac de Côme. Mais les incendies sont également le fait d’une multitude d’actes de négligence, voire de malveillance, évoqués mardi dans la presse italienne: des jeunes qui allument un feu pour tromper l’ennui, des souteneurs qui brûlent dans une pinède le matelas d’une prostituée en retard de paiement… Un pompier volontaire a par ailleurs été arrêté pour des actes de pyromanie dans le nord de l’Italie. Les enquêteurs estiment qu’il a allumé au moins sept incendies entre début 2014 et mars 2017.

Neuf régions italiennes très touchées par la sécheresse ont lancé la semaine dernière des appels urgents pour des largages d’eau par Canadair. Le président de la Calabre, Mario Oliverio, a pour sa part demandé l’intervention de l’armée pour venir renforcer des pompiers et volontaires exténués.

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